Sur la façon dont nous voyons les criminels
J’ai récemment lu un article fort intéressant dans la revue Scientific American Mind, au sujet des psychopathes et des raisons qui les empêchent de fonctionner normalement. En gros, il se trouve que certaines des régions de leur cerveau sont défaillantes, notamment celles qui régissent les émotions telles que la peur et l’empathie. En effet, les psychopathes sont souvent incapables de ressentir quoi que ce soit pour leurs victimes. Ils ont tendance à être manipulateurs et à agir de façon impulsive, ce qui les rend dangereux, inaptes à la vie en société.
Le criminel, au moment où il accomplit son crime, est toujours un malade. - Fiodor Dostoïevsky
L’article se terminait par une sorte de résumé: les psychopathes ne sont pas des gens foncièrement méchants. Ils ont simplement perdu l’usage de certaines parties de leur cerveau. Nous pourrions donc dire qu’ils souffrent de maladie mentale ou, du moins, d’un sévère trouble du comportement. Comme on l’indique dans l’article, la psychopathie a longtemps été crue comme étant incurable, mais nous savons maintenant qu’il est possible de la traiter. Il me semble idiot de punir quelqu’un qui n’est pas parfaitement sain d’esprit, et si tout le monde était en parfaite santé mentale, il n’y aurait probablement jamais de crime. C’est donc dire que la criminalité est issue de maladies mentales et de troubles du comportement, traitables dans la grande majorité des cas. La peine de mort est probablement dérivée de la croyance que certains criminels sont impossibles à sauver, ou alors d’un principe idiot (dans certaines circonstances, expliqué plus loin) que j’appellerai ici la “compensation des victimes”. Dans un cas de fraude, il est logique qu’on rembourse la victime, mais l’argent ne devrait pas provenir exclusivement des poches du criminel. Dans un cas de meurtre, par contre, il est idiot qu’on tue le criminel parce qu’il a lui-même tué. C’est enlever la vie à un individu mentalement malsain qui aurait très bien pu revenir à la normalité. En le tuant, on ne ramène pas à la vie ceux qu’il a tués: on n’aide personne.
Évidemment, on en vient à un point où cette vision des choses peut paraître utopique. Le fait est qu’il coûte moins cher de traiter les criminels avec une thérapie que de les envoyer en prison. La prison pourrait être utile dans certains cas: interner un criminel beaucoup trop dangereux qui a besoin d’être isolé et traité seul, avec un retour en société graduel. Dans la plupart des cas, par contre, la prison ne décourage pas la récidive autant qu’on pourrait le croire, notamment parce qu’elle ne fait souvent qu’empirer l’état d’esprit des criminels, qui deviennent alors plus enclins à commettre des méfaits. Cela peut sembler bizarre, mais les criminels sont des victimes eux aussi. Ils sont malades ou, du moins, ils souffrent de troubles du comportement. Évidemment, cela ne justifie pas les crimes qu’ils commettent. Au moment d’agir, le choix leur revient en tant qu’individus. Cependant, il faut garder en tête que leur jugement est déficient et qu’ils sont incapables de prendre conscience du tort qu’ils causent à la société et à eux-mêmes, et donc qu’on ne peut pas les blâmer.
Mon approche, comme pour la plupart des problématiques, est celle de l’éducation. Pour moi, les gens qui commettent des crimes, particulièrement des crimes graves comme le meurtre et le viol, sont des gens qui se sont écartés du droit chemin et qu’il faut rééduquer progressivement. Par conséquent, je ne crois pas qu’il soit bon de les punir de quelque façon que ce soit. Dans le meilleur des mondes, nous devrions toujours tenter d’aider ceux qui ont besoin d’aide. Pour la présente problématique, cela signifie d’aider les criminels à redevenir des gens normaux, afin qu’ils ne récidivent pas.
Finalement, qu’en est-il de l’opinion de la société en général par rapport aux criminels? Je crois ne pas me tromper en affirmant que la majorité des gens éprouvent un certain mépris, une certaine haine envers eux. Il me semble qu’une grande partie du problème réside dans la façon dont nous voyons les criminels. Un meurtrier est automatiquement vu comme étant un être mauvais, dont personne ne devrait s’approcher. Je ne prétends pas détenir la vérité, mais je crois que nous devons changer cette façon de voir les criminels. Ils ne sont clairement pas en plein contrôle de leurs moyens: s’ils l’étaient, on ne pourrait pas parler de “criminels”.
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- Publié:
- 9 septembre 2010 / 20:34
- Catégorie:
- Apprentissage, Mon Blogue, Point de vue, Réflexion

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